mardi 19 février 2013

Escapade a Colonia del Sacramento en Uruguay


Mercredi 6 février, me voilà partie en direction de la station de ferrys, el Buquebus, pour rejoindre Colonia del Sacramento en Uruguay. Sur le trajet, j'achète mon petit- déjeuner : un alfajor. Bref, que du light ! Laissez-moi vous parler des alfajores : ce sont des merveilleux petits gâteaux fourrés de dulce de leche (la traduction voudrait que l`on appelle ça de la confiture de lait, mais le goût est différent) et enrobés de chocolat ou de sucre glace. C`est très bon et je pense avoir commis l`erreur d`y avoir goûté. 


Depuis, où que j`aille les alfajores m`observent et me hantent. Ils sont partout ! Alors je me suis résignée à mener mes investigations afin de découvrir quelle marque commercialise le meilleur alfajor. Pour l`instant, la marque Havanna arrive en tête mais Milka est un concurrent sérieux à ne pas négliger. Je vous en dirai plus le jour où j`aurai goûté leurs alfajores.

Petit déjeuner pris, je me rends au guichet de la station afin d`échanger les billets achetés la veille contre les cartes d`embarquement. Et là, surprise ! Le vendeur s`est trompé de date et m'a réservé un aller-retour pour demain ! Quelle poisse ! Mon interlocuteur refuse donc de me délivrer mes cartes d`embarquement.
Vite, vite, je retourne au bureau des ventes en espérant qu`ils acceptent de modifier la date de départ. Le vendeur m'explique que cela n`est pas possible et que je dois attendre demain pour partir. Revenir une troisième fois à la station n'est pas concevable !!! Du coup, j'affirme que je ne serai pas à Buenos Aires demain tout en adoptant le visage le plus innocent qu`il soit. Je crois que je ne suis pas une bonne actrice car le vendeur n`a pas l`air convaincu. Bien décidée à partir en Uruguay, je suis prête à camper devant son guichet s`il le faut ! Résigné, le vendeur finit par modifier mon billet que j'échange contre une carte d`embarquement.

Alléluia ! J'embarque enfin sur le ferry pour 3 heures de trajet sur la Plata, fleuve le plus large du monde ayant une embouchure dans l`océan atlantique. 



Je monte sur le ponton pour obtenir une vue panoramique de Buenos Aires et regarder la ville s`éloigner de  moi. Du large, j'ai une vue exceptionnelle de la ville au bord des rives de la Plata. Plus je m'éloigne, plus j'aperçois la couche épaisse formée par la pollution qui stagne dans l`air au-dessus de la ville. C`est incroyable car cette couche est visible à l`oeil nu et se distingue nettement du reste du ciel !



Après quelques heures de navigation sur la Plata, j'aperçois la côte uruguayenne et Colonia del Sacramento. La ville est à peine perceptible à bord du ferry car la nature est très dense. Même si j'adore Buenos Aires, ça fait du bien de respirer !



Je débarque à Colonia del Sacramento. Le temps d`échanger quelques pesos argentins contre des pesos urugayiens (1 € = 24 pesos uruguayiens) et me voilà partie pour découvrir Colonia :) Comme son nom l`indique, cette ville était au départ une colonie fondée en 1680 par le Portugais Don Manuel Lobo, Gouverneur de Rio de Janeiro au Brésil. Très vite, Colonia se révéla être un lieu stratégique puisqu'elle facilitait les flux commerciaux entre l`Espagne et le Portugal d`une part, et Buenos Aires, d`autre part. Cette situation géographique attractive fut à l`origine d`un siècle de batailles entre le Portugal et l`Espagne. Colonia passa sous la domination de l`Espagne en 1762 et le resta jusqu'à la signature d`un traité en 1777. Ce traité autorisa le négoce entre ces pays d`Europe et Buenos Aires directement, moyennant le paiement d`une taxe. Dès lors, la domination de Colonia perdit son intérêt et les Portugais et les Espagnols cessèrent de se déchirer. Le centre historique de Colonia ainsi que les ruines de son fort sont des témoignages de son histoire.

Aujourd'hui, Colonia et l`Uruguay dans son ensemble, sont des destinations de prédilection pour les Argentins. En effet, après l`épisode Espagnol Vs Portugais, l`Uruguay devait devenir une province argentine. Or, le traité qui voulait stipuler cette appartenance a qualifié l'Uruguay de "pays" et non pas de "province". Cette confusion volontaire et astucieuse dans les termes utilisés a permis a l'Uruguay d'obtenir son indépendance ! Les deux pays sont donc étroitement liés et les Argentins et les Uruguayens sont très attachés les uns aux autres. 
Le pays demeure également attractif pour les grandes richesses de l`Amérique du sud, en raison de son régime fiscal. Elle est à l`Amérique du sud ce que la Suisse est à l`Europe. Toutefois, le mode de vie des Uruguayens semble beaucoup moins ostentatoire et a connu un déclin ces dernières années. Il reste, néanmoins, tout à fait correct. 

Je me promène dans Colonia et plus particulièrement, au sein de son centre historique situé sur la péninsule et figurant sur la liste du patrimoine mondial de l`UNESCO. La ville est très lumineuse : je bénéficied`un temps idéal et les murailles blanches des bâtisses accentuent cette luminosité. Les larges rues pavées font également le charme de cette ville. L`atmosphère est paisible dans les rues de Colonia : aucun dispositif de sécurité comme à Buenos Aires (alarmes, caméras, grilles aux fenêtres et devant la porte d`entrée,..) et les locaux vivent les fenêtres grandes ouvertes même au rez-de-chaussée.
Au fur et à mesure de ma ballade, je découvre la Plaza de Armas sur laquelle est implantée la Iglesia Matriz. Cette église est la plus vieille de l`Uruguay.




Mes pas m'amènent ensuite sur la Plaza Mayor où je découvre les ruines du fort ainsi que celles d`un couvent. Je suis surprise par la présence d`un phare construit sur les ruines du couvent.



Il fait un soleil de plomb. Je décide de rejoindre la plage de la Plata pour me rafraîchir. En chemin, je traverse la Calle de los supiros : cette rue peut paraître austère et froide dans un premier temps car ses maisons sont bâties de pierre. En réalité, la Calle de los supiros offre un témoignage rare du passé. En effet, ses maisons sont des maisons typiques de la première moitié du XVIIIe siècle. Les retrouver dans un si bon état est une chance ! Aujourd'hui, la beauté du lieu attire des artisans qui exposent leurs créations.



J'arrive en front de mer (en front de fleuve, devrais-je dire) face au Puerto Viejo. Les différents lieux de Colonia rivalisent de beauté ! Malgré la chaleur, des pêcheurs sont au rendez-vous. Quel courage ! Je suis biens moins courageuse et décide de rejoindre un coin ombragé sur une plage pour y faire une pause. Je ne résiste pas à l`envie de me baigner !




Rafraîchie et reposée, je repars à la découverte de Colonia et flâne dans son marché artisanal et ombragé.



Profitant de la beauté des lieux, l`après-midi passe à une vitesse impressionnante. Je m'aperçois qu`il est temps de prendre le chemin du retour si je veux nous présenter au ferry à l`heure. Sur la route, je  traverse un pont-levis qui me ramène directement à la Plaza Mayor.


Je rejoins mon ferry sans incidents dans une atmosphère paisible propre à Colonia. C`est ainsi que mon escapade en Uruguay touche à sa fin, me laissant ressourcée pour organiser sereinement mon départ de Buenos Aires ainsi que mon roadtrip vers le sud de l`Argentine.

2 commentaires:

  1. Non mais là c'est plus possible, je veux vous rejoindre!! Ici c'est tout brouillard, jveux du soleil. Merci encore j'adore vous lire, j'ai l'impression d'être un peu avec vous. Gros bisous les Brésiliens.

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  2. Rejoins-nous alors ! Nous sommes contents que tu apprécies de nous lire ! Gros bisous de nous deux à toi et aux Toulousains !

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