mardi 5 février 2013

El barrio de La Boca


Vendredi 1er février, une chaude journée s'annonce. A mon réveil, le soleil est éclatant et les températures s'élèvent déjà à 37 degrés ! La chaleur est écrasante mais il en faudrait davantage pour m'empêcher d'arpenter les rues de Buenos Aires !

Aujourd'hui, je décide de me rendre au quartier de La Boca, réputé pour ses façades colorées et ses danseurs de tango. Afin de profiter au mieux de ce que la ville a à m'offrir, je pars à pied du centre ville. Mais quelle idée ai-je eu !!! Buenos Aires est une ville gigantesque et j'ai marché pendant presque 4 heures avant d`arriver à destination (pour votre plus grand plaisir, la galérienne est de retour lol !).

Sur le trajet, j'ai pris plaisir à flâner sur l`avenue longeant la réserve écologique de la Costenara Sur. Cette étendue sauvage et protégée de plus de 360 hectares est un des lieux de sortie des citadins pour s'aérer et se promener en famille. Je profite de cet instant et de cet environnement étonnamment sauvage compte tenu de sa proximité avec la ville et ses buildings.


La réserve écologique, prisée des habitants de Buenos Aires, est propice à la rêverie. Les yeux rivés sur la réserve, je m'imagine à quoi ressemblait Buenos Aires avant le béton et l'éclosion des buildings. Pour embellir mes rêveries, il me suffit d'observer les perruches qui osent s`aventurer hors de la réserve pour se poser à mes pieds ou dans les arbres de l'avenue où je me promène.



Mes rêveries sont également agrémentées de moustiques qui sont de véritables voraces et qui m'ont prise pour un buffet libre à volonté. Tout comme le grillon, le moustique de Buenos Aires n'est pas n'importe quel moustique puisqu'il est capable de me dévorer à travers mes habits. Définitivement, je préfère la compagnie des perruches mais les moustiques en ont décidé autrement :)

De nombreuses Parillas (sorte de Snack) sont implantées sur l'esplanade mais je n`ose pas m'asseoir en terrasse en raison de la présence de personnes au regard peu commode, qui semblent squatter les lieux pour une durée indéterminée. Je regrette de ne pas pouvoir en profiter car la présence de ces Parillas très colorées et atypiques embellît ma promenade.


Promenade !!! Mais que dis-je ? Le mot juste serait davantage excursion :) 3 heures de marche plus tard, après avoir fait des détours pour éviter des favellas, j'arrive toute transpirante et poussiéreuse au quartier de la Boca. Mes cheveux restent collés sur mon visage tellement je pègue !
La Boca est un quartier populaire où habite une population très modeste. Une partie seulement de la Boca est un lieu touristique gardé par la police fédérale qui poste des agents à chaque extrémité de rue, pour dissuader les locaux de pénétrer dans cette zone à touristes et de les importuner. 
De manière involontaire, je suis arrivée dans la zone non touristique de la Boca. La traversée de ce quartier pour rejoindre la zone touristique me semble interminable. Je n'ai pas été importunée mais je sentais le poids des regards sur moi et la nécessité de ne pas traîner. Dans les rues, je croise le chemin de nombreux chats et chiens en liberté. Les gens (majoritairement des femmes tenant leur bébé dans leur bras) sont assis sur les trottoirs devant chez eux pour discuter pendant que les enfants jouent devant leur maison. Plusieurs groupes d`hommes bricolent leur voiture et d`autres tentent un remorquage de fortune. 

Le quartier est composé de maisons vétustes dont certaines sont en béton et d`autres en tôle. Celles-ci sont rehaussées d`un ou deux mètres par rapport au niveau de la route en raison de la hauteur des trottoirs qui ressemblent davantage à des murets qu`à des trottoirs. Ce rehaussement s`explique par le fait que le quartier est facilement inondé et il convient de protéger les maisons des crues. Les fils électriques sont tellement bas qu`il serait possible de les confondre avec des étendoirs à linge.
Sur mon trajet, je passe devant le stade de la Boca junior, stade de renommé depuis que l`équipe a compté Diego Maradonna, alors âgé de 13 ans, parmi ses joueurs. Un véritable culte est voué à celui qui est appelé "le Pibe de Oro" (gamin en or) dans les quartiers modestes et les favellas de Buenos Aires. En effet, celui-ci est perçu comme un symbole de réussite et d`espoir car il a lui-même grandi dans une favella.


Ceci est l`unique photo que j'ai pu prendre car il me fallait veiller à ne pas montrer l`appareil photo et à ce que celui-ci ne devienne pas l`objet de convoitises. 

Au bout d'une heure de marche dans la zone non touristique, j'ai entrepris de demander à un policier, la confirmation que la route empruntée était bien la bonne pour se rendre dans la zone touristique. Celui-ci sort un plan de sa poche et m'indique clairement où me rendre. Ayant des doutes sur les intentions du policier, je décide de poursuivre ma route et de ne pas suivre ses indications. Une fois la zone touristique atteinte, il s`est avéré que j'ai eu raison de me méfier puisque les informations données par le policier m'indiquaient de partir dans la direction opposée. Mon intuition m'a probablement sorti d`un mauvais pas mais je ne regrette pas ce détour car il était important pour moi de voir aussi les autres facettes de Buenos Aires.

La zone touristique, également appelée Caminito, est charmante. Ce périmètre, autrefois habité par des locaux et aujourd'hui investi de magasins de souvenirs et de restaurants, est composé de maisons en béton ou en tôle peintes de toutes les couleurs. En effet, les locaux avaient entrepris de peindre les façades de couleurs vives afin de remédier à la morosité de leur quotidien. Depuis, cette zone est le terrain de jeu des artistes qui peuvent s`exprimer librement : tags, fresques, peintures, sculptures, ...




Je choisis la sécurité pour retourner à mon domicile de San Isidro en empruntant un bus. Les arrêts sont stratégiquement placés dans la zone protégée pour que les touristes ne commettent pas d'imprudence et ne voient pas la zone non touristique de la Boca.


Arrivée à San Isidro, je m'arrête chez un glacier pour prendre un pot de 50 cl de glace dont celle au dulce de leche. J'achète également des empanadas : chaussons fourrés à la viande, au fromage, aux légumes,... C'est un délice !


Je déguste mon repas sur la terrasse de la maison de mon hôte quand le vent se lève et une pluie mélangée à de la grêle s`abat sur Buenos Aires. Les chaînes télévisées qui filment en live le centre ville qualifient cela de tempête. Moi, je suis bien, profitant de l'air rafraîchi par la pluie.

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