lundi 4 février 2013

Première journée à Buenos Aires !!!

Jeudi 31 janvier, je me réveille le cœur léger : je suis à Buenos Aires ! En avant pour cette première journée :) Celle-ci débute par un déjeuner dans un restaurant du quartier de San Isidro. Je déjeune en terrasse, c'est l'été ! Je commande une Milanesa : viande de bœuf enrobée d'une panure et recouverte de queso ! C`est super bon ! La serveuse est très aimable, elle discute et rigole avec tous ses clients. Je passe un très bon moment. Il y a comme une odeur de bonheur dans l'air !
Assise en terrasse, la première chose qui me frappe est le bruit que font les grillons. J'en entends partout dans la ville et ils font un boucan incroyable. Ici en Argentine, le grillon n'est pas n'importe quel grillon : c'est un grillon de compet', dopé aux rayons du soleil et il fait le bruit d'une disqueuse, à un point que je croyais qu'il y avait des travaux à proximité. Chaque fois que j'en entends, je me dis  que ce n'est pas possible, il doit bien y avoir des travaux !

Après m'être restaurée, je décide de rejoindre le centre ville. Deux options s'offrent à moi : le bus ou le train. Le train étant le plus rapide (30 minutes au lieu de 1h30 par bus) et le plus pratique car une station se trouve au cœur du quartier de San Isidro, je choisis le train. La station est sommaire et je peux voir l'eau de la climatisation couler le long des fenêtres et des portes des trains qui défilent devant moi.



Les guichets étant fermés (depuis, il ne se passe pas un jour sans que les guichets ne soient fermés), je demande au policier présent sur le quai de gare comment faire pour acheter un billet. Celui-ci me dit de ne pas me prendre la tête et qu'il n'est pas nécessaire de payer. Puisqu'il en est ainsi, je n'insiste pas. A mon grand étonnement, le policier commence à engager la discussion. Après avoir échangé les modalités d`usage (qui je suis, d'où je viens et qu'est-ce que je fais ici), le policier m'exprime sa lassitude par rapport à la corruption très développée dans le milieu policier et m'affirme que la République d`Argentine n'a de République que son nom. Il m'explique également qu`aujourd'hui est un jour férié créé par la Présidente de la Nation, Cristina Fernandez de Kirchner, dans le but de plaire au peuple et que l'ensemble des mesures qu'elle prend serait une sorte d'opération séduction. J'apprécie beaucoup d'échanger avec ce policier qui fait preuve d'une grande franchise et d'une ouverture étonnantes.

Je prends donc un train et descends à son terminus, à la station Retiro. De là, je rejoins le centre ville en passant par un parc dans lequel se situe le Mémorial pour les victimes argentines de la guerre des Malouines : cette guerre fut une énorme et sanglante défaite pour l'Argentine, ce qui affecta la puissance de la dictature militaire argentine.


Le 30e anniversaire a été célébré en avril 2012. Placées sous la souveraineté britannique, les îles Malouines font encore l'objet de discordes : mi-février 2012, Cristina Fernandez de Kirchner a déposé une plainte devant l'ONU pour dénoncer un regain de militarisation de la zone par les britanniques. Elle s'est également rendue à Ushuaia (les îles Malouines étant rattachées à cette province) pour prononcer un discours très attendu à la mémoire de ceux qui ont péri dans la bataille contre les Britanniques. De leur côté, les Britanniques ont envoyé le Prince William pour rappeler à qui appartient la souveraineté des îles Malouines. Bref, aujourd'hui encore, les relations entre Argentins et Britanniques sont tendues concernant la souveraineté des îles Malouines.

Sur ma route, j'admire également l'obélisque située sur la Plaza Republica et inaugurée le 23 mai 1936.


Juste derrière, j'aperçois une représentation de Eva Peron (1919-1952) sur un immeuble : cette idole affectueusement surnommée Evita par son peuple a également suscité la controverse. Des partisans sont toujours présents dans le paysage politique argentin : on les appelle les Peronistes.



J'arrive enfin dans le centre ville de Buenos Aires, à la Plaza de Mayo : il s'agit de l`ancienne place d'armes, lieu emblématique de la Révolution. Autour de cette place figurent : la Casa rosada qui est le lieu de la Présidence et le siège du gouvernement, l`Assemblée constituante et la Iglesia Mayor. Ainsi, trois formes de pouvoir y sont présentes : le pouvoir exécutif, le pouvoir législatif et le pouvoir ecclésiastique.





Sur la Plaza de Mayo, j'aperçois une foule de partis de gauche qui brandissent des drapeaux dont le parti du Sentier lumineux de Tupac Amaru. Ce parti a utilisé l`image et le nom du dernier prétendant au trône inca qui s'est rebellé contre les Espagnols, a conduit les autochtones, a refusé le système de classes et a lutté contre le pouvoir en place. Les Folles de la Place de mai sont également présentes : ce groupement constitué majoritairement de veuves recherchent leurs proches déportés dans des camps de concentration ou bien encore, jetés dans le Rio de la Plata car ils étaient des opposants à la dictature. Elles militent aussi pour que tous ceux qui ont eu un rôle dans la dictature soient jugés et condamnés.



Bien que les revendications portent sur des thèmes très préoccupants pour la population (baisse du pouvoir d`achat et hausse des prix, revendication des descendants d`autochtones qui réclament des logements décents en raison de l`aide apportée lors de la Révolution,...), l`ambiance n`est pas électrique. Aucun débordement n'a eu lieu et certains groupes de personnes utilisent leurs flûtes de pan tout en chantant et dansant. 
Peu à peu, je réalise que je suis en train d'assister à un événement historique au moment où je m'aperçois que Cristina Fernandez de Kirchner proclame un discours sur le jour que nous sommes : jeudi 31 janvier 2013. Elle érige ce jour en jour de fête nationale pour l`année 2013 uniquement, afin de commémorer le bicentenaire de l`Assemblée constituante inaugurée le 31 janvier 1813. Outre la présentation historique de la Révolution et de l'adoption de l`Assemblée constituante, la Présidente de la nation revient à la charge sur la nécessité de réformer l`Assemblée constituante. Ce projet soutenu en 2012 s'était confronté au refus de la jeunesse argentine qui y percevait une manœuvre de la part de la Présidente pour assurer sa réélection. De nombreuses manifestations avaient été organisées à l`aide des réseaux sociaux. Au grand étonnement de tous, la jeunesse argentine avait répondu, en nombre, à l'appel. 

Après avoir quitté la Plaza de Mayo,je décide d'aller me promener au Puerto Madero, sur les rives du Rio de la Plata. L'endroit est très agréable : les rives illuminées sont magnifiques et le design du principal pont tournant est fascinant.



Pour achever cette journée de marche (j'ai les pieds en compote) et de découverte, je repars dans le quartier de San Isidro afin de déguster une bonne pizza. Pensant que la journée touche à sa fin, une belle surprise m'attend. Assise en terrasse, un groupe d`Argentins assis juste à côté entament la discussion avec moi et le patron de l`établissement me demande s'il peut nm'offrir une seconde bouteille de bière. En tant que personne bien éduquée à qui on a appris à porter de la considération aux gestes de bonne volonté, je ne me suis pas faite prier !

4 commentaires:

  1. Et bien mes amis c'est un très beau témoignage que vous nous offrez la ...
    Je vous souhaite une bonne continuation et bien d'autres aventures ;) besitos ...

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    1. Nous sommes contents que ça te plaise :-) on essaie de partager au mieux notre expérience ! Ça fait plaisir de savoir que tu nous suis. De gros bisous!

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  2. Wahou, quel plaisir de vous lire! Un bel article. Merci encore de nous faire partager votre expérience.
    Besos amigos

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  3. Merci à toi de nous lire ! Gros bisous de nous deux !

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